Caméra solaire extérieure : quel modèle choisir en 2026 ?

Johann Papin, Artisan indépendant en systèmes de sécurité
Par Johann Papin Artisan indépendant en systèmes de sécurité · Ille-et-Vilaine Mis à jour le 19 octobre 2026 · 18 min de lecture
CAMÉRA SOLAIRE
Caméra solaire extérieure : quel modèle choisir en 2026 ?
📋 Ce guide en bref

Caméra solaire extérieure wifi : panneau intégré ou séparé, stockage sans abonnement, autonomie en hiver. Mon comparatif 2026 (Reolink, Eufy, Tapo) et les erreurs de pose à éviter. Ce guide résume les critères importants, les erreurs à éviter et les choix concrets pour décider plus vite.

Meilleur choix Reolink Argus 4 Pro + panneau 4K, nuit en couleur, microSD sans abonnement. Voir le prix sur Amazon → Le plus simple Eufy SoloCam S220 Panneau intégré : une fixation, zéro câble. Voir le prix sur Amazon → Petit budget Tapo C425 KIT 2K et panneau fourni, stockage microSD. Voir le prix sur Amazon →

« Une caméra solaire, en Bretagne, ça tient vraiment l’hiver ? » C’est la question qu’on me pose presque à chaque fois que je chiffre une caméra extérieure. Et je comprends le doute : ces caméras sont vendues avec des photos de façades inondées de soleil, alors qu’ici, de novembre à février, certaines journées ressemblent surtout à une longue fin d’après-midi.

Ma réponse : oui, ça tient — à condition de choisir le bon modèle et, surtout, de bien poser le panneau. La caméra solaire est devenue la façon la plus simple de filmer un jardin, une allée, un portail ou un carport sans tirer le moindre câble. C’est aussi la catégorie où je rattrape le plus d’achats ratés : panneau à l’ombre d’une haie, wifi trop faible au point de pose, stockage qui exige finalement un abonnement.

Ce guide traite des caméras solaires wifi, celles qu’on installe autour d’une maison équipée d’une box. Si votre point de pose est hors de portée du wifi (terrain, chantier, maison isolée), il vous faut une autre famille, la caméra 4G solaire : je la détaille dans mon guide caméra sans wifi ni électricité.

⏱️ Réponse rapide
Une caméra solaire extérieure ne fonctionne pas « au soleil » : c'est une caméra sur batterie dont un petit panneau photovoltaïque recharge la batterie au fil de la journée. Bien posée (panneau plein sud, sans ombre), elle ne se recharge quasiment jamais à la main, même en hiver. Pour bien choisir : (1) vérifiez que le wifi arrive correctement au point de pose, sinon passez en 4G ; (2) exigez un stockage local sans abonnement (microSD ou mémoire intégrée) ; (3) prenez un panneau séparé dès que l'emplacement de la caméra est ombragé. Mon choix par défaut : la Reolink Argus 4 Pro avec son panneau ; la plus simple à poser : l'Eufy SoloCam S220 à panneau intégré ; le petit budget : le kit Tapo C425.
📌 Transparence : cet article contient des liens affiliés Amazon. Si vous achetez via ces liens, je perçois une commission sans surcoût pour vous — cela finance le site et ne change rien à mes recommandations, défauts compris. Rédigé par Johann Papin, artisan indépendant en systèmes de sécurité (Ille-et-Vilaine).

Une caméra solaire est-elle faite pour vous ?

Avant de comparer les modèles, quatre questions suffisent à savoir si le solaire wifi est la bonne solution chez vous, ou s’il vaut mieux partir sur une caméra alimentée ou sur une 4G. C’est le diagnostic que je fais au téléphone avant tout déplacement.

☀️ Diagnostic : caméra solaire ou pas ?

4 questions, 30 secondes, et vous saurez quelle famille de caméra viser.

1. À l'endroit exact de la future caméra, votre smartphone capte-t-il le wifi de la maison ?

2. Le panneau pourra-t-il voir le ciel côté sud sans ombre ?

3. Combien de passages par jour dans le champ de la caméra (personnes, voitures, animaux) ?

4. Avez-vous besoin d'un enregistrement continu, 24 h/24 ?

🟢 La caméra solaire wifi est faite pour vous. Wifi correct, bon ensoleillement, peu de déclenchements : c'est le cas idéal. Une caméra à panneau intégré sera la plus simple à poser si l'emplacement est ensoleillé. Voir l'Eufy SoloCam S220 →
🟠 Possible, avec des précautions. Un de vos points (wifi faible, ombre partielle ou passages fréquents) va peser sur l'autonomie. Prenez un modèle à panneau séparé pour aller chercher le soleil, réglez des zones de détection strictes et ajoutez un répéteur si le wifi est limite. Si vous n'avez aucun signal wifi, passez directement à une caméra 4G solaire. Voir la Reolink Argus 4 Pro →
🔴 Le solaire n'est pas la bonne techno ici. Enregistrement continu, zone très passante ou ombre permanente : une caméra sur batterie, même solaire, finira à plat. Il vous faut une caméra alimentée (secteur ou PoE) — voir mon guide choisir sa caméra extérieure — ou, sans wifi ni prise, une caméra 4G solaire.

Comment marche une caméra solaire (et ce qu’elle ne fait pas)

Le mot « solaire » prête à confusion. La caméra ne fonctionne pas au soleil : elle fonctionne sur sa batterie, de jour comme de nuit. Le panneau photovoltaïque, intégré au boîtier ou relié par un câble, ne sert qu’à remplir cette batterie pendant les heures de lumière — beaucoup mieux en plein soleil que sous un ciel couvert. Et le wifi relie la caméra à votre box comme un smartphone, le plus souvent sur la bande 2,4 GHz, celle qui porte le plus loin.

Le point que les fiches produit taisent trop souvent : une caméra sur batterie ne filme pas en permanence. Pour économiser son énergie, elle dort. Un détecteur — infrarouge passif le plus souvent, parfois radar — la réveille quand quelque chose bouge, et elle enregistre alors un clip de quelques secondes à une minute. Pour un jardin ou une allée, c’est parfait. Si vous voulez pouvoir tout revoir sur 24 heures, ce n’est pas le bon outil : quelques modèles récents annoncent un enregistrement continu sur batterie, mais ils restent l’exception et exigent un ensoleillement généreux.

Conséquence directe : l’autonomie dépend autant du nombre de déclenchements que du soleil. Une caméra qui se réveille quinze fois par jour au fond du jardin tiendra indéfiniment. La même, braquée sur un trottoir, se réveillera des centaines de fois et videra sa batterie plus vite que le panneau ne la remplit — surtout en hiver.

EmplacementDéclenchements par jour (ordre de grandeur)Le solaire suffit-il ?
Fond de jardin, abri, potager5 à 20✅ Toute l’année, panneau dégagé
Entrée de maison, allée familiale20 à 60✅ Oui, avec des zones de détection réglées
Portail donnant sur la rue60 à 150⚠️ Limite en décembre-janvier
Vue sur un trottoir ou un parking commun150 et plus❌ Préférez une caméra alimentée

Ces fourchettes sont celles que je constate en pose ; elles varient selon la sensibilité réglée et la durée des clips. Elles suffisent à repérer le cas où le solaire ne pourra pas suivre.

Panneau intégré ou panneau séparé ?

C’est le premier vrai choix, et il se fait selon l’endroit à filmer, pas selon le prix. Le panneau intégré (typiquement les Eufy SoloCam) occupe le dessus du boîtier : c’est alors le soleil qui décide de l’emplacement de la caméra. Le panneau séparé (Reolink, Tapo, Ring, Arlo…) se fixe à quelques mètres et se relie par un câble : la caméra va là où elle filme le mieux, le panneau là où il capte le mieux.

Panneau intégréPanneau séparé
PoseUne fixation, aucun câbleDeux fixations et un câble à faire cheminer
Emplacement de la caméraDicté par l’ensoleillementLibre : caméra à l’abri, panneau au soleil
OrientationCompromis entre angle de vue et soleilPanneau orienté plein sud, indépendamment
Surface de captationRéduitePlus grande, meilleure en hiver
DiscrétionExcellentePanneau et câble visibles
Point sensibleCaméra à poser en plein soleilCâble exposé, à protéger

Ma règle de poseur : dès qu’il y a un doute sur l’ensoleillement du point de pose, je prends un panneau séparé. Le panneau intégré, je le réserve aux façades sud et sud-ouest bien dégagées, où il offre la pose la plus simple qui soit.

Les 4 critères qui font la différence

1. Le wifi au point de pose (avant même le solaire)

C’est la première cause de retour que je vois. Une caméra qui capte mal le wifi n’est pas seulement pénible — vidéos qui chargent mal, notifications en retard. Elle consomme davantage, car elle multiplie les tentatives de connexion et transmet plus lentement. Un wifi faible, c’est une batterie qui fond.

Le test est gratuit : placez-vous avec votre smartphone à l’endroit exact où ira la caméra et regardez le signal. Deux barres franches au minimum. Les murs en pierre ou en béton, les bardages métalliques et les vitrages isolants coupent beaucoup le signal, et le module wifi d’une caméra capte souvent moins bien qu’un smartphone récent. Si le signal est limite, prévoyez d’emblée un relais : les solutions sont détaillées plus bas.

2. Le stockage : c’est là que se cache l’abonnement

Trois logiques coexistent, et elles changent complètement le coût sur trois ans :

  • Carte microSD dans la caméra (Reolink, Tapo) : sans abonnement, capacité au choix. Prenez une carte haute endurance, conçue pour l’écriture en boucle : une carte standard passe rarement l’hiver dehors. Tout est expliqué dans mon guide des cartes SD pour caméra.
  • Mémoire intégrée (Eufy SoloCam, 8 Go) : sans abonnement, rien à acheter, mais une capacité fixe qui tourne en boucle. Suffisant pour des clips de détection, pas pour archiver des semaines.
  • Cloud uniquement (Ring, Arlo selon les modèles) : sans abonnement, vous voyez le direct et recevez les alertes, mais vous ne pouvez pas revoir les vidéos. Comptez quelques euros par mois et par caméra, soit une centaine d’euros ou plus sur trois ans.

Une faiblesse du stockage local, à connaître : si l’on arrache la caméra, les enregistrements partent avec. D’où l’intérêt de la poser haut, ou d’opter pour une marque qui permet de centraliser les vidéos sur une base installée à l’intérieur — Eufy et Reolink en proposent.

3. L’image et la vision de nuit

Le 2K (environ 4 mégapixels) est le bon compromis pour une caméra solaire : assez de détails pour reconnaître un visage à quelques mètres, sans faire exploser la consommation. Le 4K apporte un vrai plus sur un grand champ de vision, mais produit des fichiers plus lourds et sollicite davantage la batterie : il exige un panneau bien exposé.

La nuit, deux options. L’infrarouge donne une image en noir et blanc, sobre en énergie. La vision couleur passe soit par un petit projecteur LED qui s’allume à la détection (dissuasif, mais gourmand), soit par un capteur très lumineux qui voit en couleur avec un simple éclairage ambiant. Sur une caméra solaire, je règle presque toujours le projecteur en « détection de personne uniquement ».

Si votre allée est plongée dans le noir, coupler la caméra à un éclairage à détecteur de mouvement améliore l’image et soulage la batterie.

4. La détection intelligente

Une détection qui distingue personnes, véhicules et animaux est la meilleure alliée de l’autonomie : moins de faux déclenchements, c’est moins de réveils, donc moins d’énergie consommée. Ajoutez des zones de détection — on dessine dans l’application la zone qui compte, on exclut la rue et les arbres — et une sensibilité moyenne.

Vérifiez un détail avant d’acheter : chez certaines marques, une partie des fonctions intelligentes est réservée aux abonnés. Les modèles que je recommande plus bas détectent les personnes sans abonnement.

Reste l’autonomie en hiver, qui dépend de tout ce qui précède : elle a droit à sa propre section plus bas.

Comparatif 2026 : les meilleures caméras solaires extérieures

ModèleNoteImage et nuitPanneauStockage sans abonnement
Reolink Argus 4 Pro
~ 230-280 € avec panneau
★★★★★ 4,7/54K, 180°, couleur sans projecteurSéparé✅ microSD
Eufy SoloCam S340
~ 180-230 €
★★★★☆ 4,5/53K + zoom, motorisée 360°Intégré✅ 8 Go intégrés
Eufy SoloCam S220
~ 90-130 €
★★★★☆ 4,4/52K, infrarougeIntégré✅ 8 Go intégrés
Tapo C425 KIT
~ 90-120 € le kit
★★★★☆ 4,3/52K, couleur avec projecteurSéparé, fourni✅ microSD
Ring, gamme solaire
~ 100-250 €
★★★☆☆ 3,8/5Full HD à 2K selon modèleSelon modèle❌ Abonnement pour revoir les vidéos

Comment je note : chaque modèle est évalué sur 5 critères — image et vision de nuit (25 %), autonomie solaire réelle (25 %), stockage sans abonnement (20 %), détection et application (15 %), rapport qualité-prix (15 %). Ce sont des notes d'expert, fondées sur ces critères, les caractéristiques annoncées par les fabricants et mon expérience de pose — pas une moyenne d'avis clients. Les prix sont indicatifs et bougent beaucoup au gré des promotions.

C’est la caméra que je recommande quand on me demande « la meilleure, mais sans abonnement ». Deux capteurs assemblés en une seule image de 180° : une caméra suffit à couvrir toute une façade ou un jardin, là où il en faudrait souvent deux. L’image 4K reste nette jusque sur les côtés, et la vision de nuit en couleur sans projecteur (Reolink l’appelle ColorX) donne des images exploitables avec un simple éclairage ambiant — sans le flash de LED qui vide la batterie.

Le wifi bi-bande (2,4 et 5 GHz) est un vrai plus dans les lotissements où la bande 2,4 GHz est saturée par les box des voisins. Stockage sur microSD, application Reolink claire, et le panneau séparé laisse toute liberté de pose. Ses limites : le prix, et une consommation supérieure à celle d’une 2K, qui impose un panneau bien exposé. Un sujet très proche de l’objectif peut aussi paraître légèrement déformé à la jonction des deux images ; à distance normale, on ne le remarque pas.

🥇 Reolink Argus 4 Pro + panneau solaire Notre choix
Pour qui : une façade ou un jardin à couvrir d'un seul tenant, avec la meilleure image possible sans abonnement. Prix : ~ 230-280 € avec panneau. ★★★★★ Avis de la rédaction : 4,7/5
  • 4K et champ de 180° : une caméra au lieu de deux
  • Vision de nuit en couleur sans projecteur énergivore
  • Stockage microSD, aucun abonnement nécessaire
  • Wifi 2,4 et 5 GHz, panneau séparé pour une pose libre
  • Prix élevé pour une caméra sur batterie
  • Plus gourmande qu'une 2K : panneau bien exposé obligatoire
  • Pas de rotation motorisée
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Eufy SoloCam S220 : la plus simple à poser

Panneau intégré, une fixation, et c’est terminé : pas de câble à faire cheminer, rien à cacher. L’image 2K est nette, la détection de personnes fonctionne sans abonnement, et les clips sont conservés dans les 8 Go de mémoire intégrée. C’est la caméra que je conseille à ceux qui veulent surveiller une entrée ou un jardin bien exposés sans bricoler.

Le revers de la simplicité : la caméra doit être posée là où le panneau voit le soleil, ce qui n’est pas toujours l’emplacement idéal pour filmer. Et sans emplacement microSD, la capacité de stockage est fixe.

🥈 Eufy SoloCam S220 Le plus simple
Pour qui : une entrée ou un jardin exposés sud, pour une pose sans aucun câble. Prix : ~ 90-130 €. ★★★★☆ Avis de la rédaction : 4,4/5
  • Panneau intégré : une fixation, zéro câble
  • Image 2K, détection de personnes sans abonnement
  • Prix contenu pour une caméra solaire de marque
  • Mémoire fixe de 8 Go, pas d'emplacement microSD
  • À poser obligatoirement au soleil
  • Wifi 2,4 GHz uniquement
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Tapo C425 KIT : le meilleur petit budget

TP-Link a démocratisé la caméra correcte à petit prix, et la C425 vendue en kit avec son panneau solaire en est la meilleure illustration. Image 2K, vision de nuit en couleur grâce à un projecteur intégré, stockage sur microSD, application Tapo simple et bien traduite. Pour un premier équipement ou une deuxième caméra côté jardin, difficile de faire mieux à ce prix.

Deux réserves : le projecteur est gourmand, à régler en détection de personne uniquement ; et certaines options (sauvegarde dans le cloud, notifications enrichies) passent par l’abonnement Tapo Care, facultatif.

🥉 Tapo C425 KIT (caméra + panneau solaire) Petit budget
Pour qui : un premier équipement ou une caméra d'appoint côté jardin. Prix : ~ 90-120 € le kit. ★★★★☆ Avis de la rédaction : 4,3/5
  • Kit complet, panneau solaire fourni
  • 2K, vision de nuit couleur, stockage microSD
  • Application Tapo simple à prendre en main
  • Projecteur gourmand : à régler finement
  • Image moins fine que les modèles 4K
  • Une partie des options passe par l'abonnement Tapo Care (facultatif)
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Eufy SoloCam S340 : pour un grand terrain

Deux objectifs — un grand-angle et un téléobjectif avec zoom hybride — sur une tête motorisée qui pivote à 360° : la S340 surveille à elle seule une cour ou un grand terrain, et peut suivre un sujet qui se déplace. Panneau intégré, 8 Go de mémoire, sans abonnement. Elle coûte plus cher, la motorisation consomme si l’on active les rondes automatiques, et le panneau intégré impose là aussi un emplacement ensoleillé.

Grand terrain Eufy SoloCam S340, motorisée 360° Prix indicatif : ~ 180-230 €

De bons produits aux applications abouties, que je pose volontiers chez un client déjà équipé d’une sonnette Ring, par exemple. Mais chez Ring et Arlo, revoir ses vidéos suppose un abonnement, et chez Blink le stockage local passe par un module et une clé USB. Sur trois ans, l’abonnement coûte autant qu’une seconde caméra : d’où leur note plus basse.

L’autonomie en hiver : ce qui se passe vraiment

En décembre, dans la moitié nord de la France, il fait jour à peine plus de huit heures, et à midi le soleil ne monte qu’à 18 ou 20 degrés au-dessus de l’horizon. Résultat : un panneau produit plusieurs fois moins qu’en juin, et la moindre haie, la moindre maison voisine projette une ombre interminable. C’est entre novembre et février que se jouent toutes les autonomies.

Un détail que peu de fiches mentionnent : la plupart des batteries lithium ne se rechargent pas sous 0 °C. Les fabricants bloquent la charge par grand froid pour protéger la batterie. Par matin de gel, le panneau a beau capter, rien n’entre tant que la caméra ne s’est pas réchauffée.

Mes six réglages d’hiver, ceux que j’applique sur chaque pose :

  1. Panneau plein sud, plus incliné qu’en été. Une trentaine de degrés suffit pour produire sur l’année, mais une caméra a surtout besoin d’énergie en hiver : en décembre, 45 à 60° font face au soleil bas. Le sud-est et le sud-ouest restent acceptables ; l’est ou l’ouest seuls, non.
  2. Aucune ombre entre 11 h et 15 h. C’est la plage qui compte en décembre. Une ombre partielle sur un petit panneau suffit à faire chuter sa production.
  3. Un panneau propre. Pollen, fientes et mousse coûtent plus qu’on ne le croit : un coup d’éponge à l’automne.
  4. Des zones de détection serrées et des clips courts. 10 à 20 secondes au lieu d’une minute, c’est autant d’énergie économisée à chaque réveil.
  5. Le projecteur en « personne uniquement », voire l’infrarouge seul en plein hiver.
  6. Un œil sur la batterie. Une fois par semaine en décembre-janvier dans l’application. Au pire, une recharge USB d’appoint dans l’hiver, et c’est reparti.

Pour l’orientation, la puissance et la compatibilité des panneaux séparés, tout est dans mon guide du panneau solaire pour caméra. Et pour connaître l’ensoleillement réel de votre adresse mois par mois, l’outil européen gratuit PVGIS fait le calcul (lien en fin d’article).

Pas de wifi au fond du jardin ? Trois solutions

Le wifi de la box ne dépasse pas toujours la terrasse. Avant de renoncer à la caméra solaire wifi, trois options :

  1. Un répéteur ou une borne mesh d’extérieur. Posé à mi-chemin, sur une façade ou dans une dépendance, il prolonge le réseau de la maison. Il lui faut une prise — mais à mi-chemin, pas au point de pose. S’il reste dehors, choisissez-le étanche (IP65 au minimum).
  2. Le CPL wifi dans une dépendance électrifiée. Si le garage ou l’abri a du courant relié au même compteur que la maison, un adaptateur CPL fait passer le réseau par les fils électriques et recrée un wifi sur place.
  3. La 4G. Aucun relais possible ? Une caméra 4G solaire, avec sa propre carte SIM, est la seule réponse fiable : c’est le sujet de mon guide caméra sans wifi ni électricité.
Wifi trop faible Répéteur wifi d'extérieur étanche Prix indicatif : dès 40 €

Les erreurs de pose que je corrige le plus souvent

  1. Le panneau à l’ombre ou face au nord. Il produit l’été, s’effondre en novembre, et la caméra s’éteint au pire moment de l’année.
  2. La caméra face au soleil couchant. Le contre-jour transforme chaque visiteur en silhouette noire, et le soleil rasant provoque de faux déclenchements.
  3. Trop bas ou trop haut. Sous 2,50 m, la caméra s’arrache d’un geste ; au-dessus de 3,50 m, on ne filme plus que des crânes. Visez 2,50 à 3 m, légèrement plongeant.
  4. Aucune zone de détection. La rue ou le trottoir déclenche en permanence : batterie vide et des dizaines de notifications par jour.
  5. Une carte microSD standard. Elle lâche souvent au premier hiver, et on s’en aperçoit le jour où l’on a besoin d’une vidéo.
  6. Filmer chez le voisin ou la voie publique. C’est interdit : un particulier ne peut filmer que sa propriété. Utilisez les masques de confidentialité de l’application pour occulter la rue et le jardin voisin (règles rappelées par la CNIL, voir les sources).
  7. Oublier l’antivol. Visez haut, utilisez les vis fournies et activez l’alarme de déplacement si la caméra en propose une.

Conclusion

Une caméra solaire extérieure se choisit dans cet ordre : d’abord le wifi au point de pose (sinon, la 4G), ensuite le stockage sans abonnement (microSD ou mémoire intégrée), enfin le type de panneau selon l’ensoleillement de l’emplacement. Le reste — 2K ou 4K, couleur ou infrarouge — est affaire de budget et de goût.

Si vous ne deviez retenir qu’un modèle : la Reolink Argus 4 Pro pour la meilleure image sans abonnement, l’Eufy SoloCam S220 pour la pose la plus simple sur une façade ensoleillée, le kit Tapo C425 pour un petit budget.

Pour comparer avec les autres familles de caméras (filaires, PoE, intérieures), direction le guide des caméras de surveillance et mon article choisir sa caméra de surveillance extérieure.

FAQ : caméra solaire extérieure

Une caméra solaire fonctionne-t-elle la nuit ?

Oui. La caméra fonctionne en permanence sur sa batterie ; le panneau ne sert qu’à recharger cette batterie pendant la journée. La nuit, elle filme en infrarouge (noir et blanc) ou en couleur si elle dispose d’un projecteur ou d’un capteur très lumineux, et elle puise dans la réserve accumulée la veille.

Une caméra solaire tient-elle en hiver ?

Oui, si le panneau est orienté plein sud, plus incliné qu’en été (45 à 60°) et sans ombre entre 11 h et 15 h, et si les zones de détection limitent les déclenchements inutiles. Décembre et janvier restent les mois critiques ; au pire, une recharge USB d’appoint suffit.

Faut-il obligatoirement du wifi pour une caméra solaire ?

Pour les modèles wifi, oui : deux barres franches sur votre smartphone à l’endroit exact de la pose. Un répéteur d’extérieur ou un CPL wifi peut compenser un signal faible ; sans aucun wifi possible, il faut une caméra 4G solaire, avec sa propre carte SIM.

Peut-on avoir une caméra solaire sans abonnement ?

Oui : les modèles qui enregistrent sur microSD (Reolink, Tapo) ou dans une mémoire intégrée (Eufy SoloCam) s’en passent, détection de personnes comprise. Évitez les gammes qui ne stockent que dans le cloud, comme Ring ou Arlo : sans abonnement, impossible de revoir les vidéos.

Une caméra solaire peut-elle enregistrer en continu ?

En général, non : pour économiser la batterie, elle ne s’éveille qu’en cas de mouvement et enregistre un clip court. Quelques modèles récents annoncent un enregistrement continu, mais exigent un ensoleillement généreux. Pour tout revoir sur 24 heures, une caméra alimentée (secteur ou PoE) reste la solution fiable.

A-t-on le droit de filmer la rue avec une caméra solaire ?

Non. Un particulier ne peut filmer que sa propriété, ni la voie publique ni le terrain d’un voisin. Les masques de confidentialité de l’application permettent d’occulter ce qui dépasse.

Sources et références

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Pour prolonger le sujet selon votre situation, ces guides complètent ce dossier.

Johann Papin, Artisan indépendant en systèmes de sécurité

À propos de l’auteur

Johann Papin

Artisan indépendant en systèmes de sécurité

Johann Papin est artisan indépendant en systèmes de sécurité (Ille-et-Vilaine). Fort de nombreuses années d'expérience en automatismes, courants faibles et maintenance d'équipements techniques (vidéo, énergies, automatisation), il met cette expertise terrain au service de la sécurité résidentielle. Passionné de domotique, il privilégie ce qui fonctionne vraiment à l'installation et dans la durée.

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